L'IA seule ne fait pas la productivité : le chiffre qui dégonfle de 16,8 % à 5,1 %
Il y a un chiffre qui fait de belles diapositives : les entreprises qui utilisent l'intelligence artificielle sont environ 17 % plus productives que celles qui ne l'utilisent pas. C'est vrai, et c'est trompeur. Une étude de Statistique Canada publiée en 2026 a fait l'exercice qu'on saute presque toujours : regarder ce qui reste de cet avantage une fois qu'on enlève ce qui n'a rien à voir avec l'IA.
Le résultat mérite d'être affiché tel quel. L'avantage brut est de 16,8 %. Mais une partie de cet écart vient du fait que les entreprises qui adoptent l'IA étaient déjà plus productives avant de l'adopter. Quand on en tient compte, l'avantage tombe à 10,2 %. Puis les chercheurs enlèvent l'effet des investissements qui accompagnent presque toujours l'IA : l'analyse de données, la R-D, l'infonuagique, la formation. Ce qui reste attribuable à l'IA seule : 5,1 %.
Ce n'est pas un argument contre l'IA. C'est un argument contre une certaine façon de l'acheter. Le message des données est limpide : la conclusion des chercheurs eux-mêmes est que « l'adoption de l'IA seule est probablement insuffisante ». Autrement dit, brancher un outil d'IA sur une entreprise qui n'a pas rangé ses données, revu ses façons de faire et formé son monde, ça donne un petit gain. Le gros du résultat vit ailleurs, dans tout ce qu'on met autour.
Pour un dirigeant de PME, c'est la meilleure nouvelle possible, à condition de la lire correctement. Elle veut dire que la productivité n'est pas réservée à ceux qui achètent la technologie la plus chère. Elle est accessible à ceux qui font le travail moins spectaculaire : clarifier une donnée, simplifier un processus, montrer à une équipe comment s'en servir. L'outil est la partie facile. Le résultat est dans le reste.
Chez Paquin & Co., nous aidons les PME du Québec à bâtir ce « reste » (les données, les processus, les gens) pour que l'IA rapporte vraiment, pas juste 5 %. paquinco.com
Commentaires